Vertige chez les personnes âgées : causes et solutions pour les traiter efficacement

Un adulte sur trois âgé de plus de 65 ans signale des épisodes de vertige ou de déséquilibre au cours d’une année. Les chiffres révèlent que ces troubles représentent l’une des principales causes d’hospitalisation non programmée chez les seniors.

L’origine de ces sensations instables reste souvent méconnue, bien que de multiples facteurs soient identifiés par les professionnels de santé. Face à cette diversité de causes, des prises en charge personnalisées et des solutions ciblées permettent d’améliorer la qualité de vie et de limiter les risques de chute.

Vertiges chez les seniors : comprendre un trouble fréquent et souvent sous-estimé

Chez les personnes âgées, les vertiges ou les problèmes d’équilibre ne devraient jamais être banalisés. Il ne s’agit pas de petits malaises sans gravité : ces épisodes signalent généralement une fragilité de l’équilibre, avec des conséquences qui peuvent bouleverser le quotidien. Un faux pas, et c’est la chute, parfois suivie d’une fracture du col du fémur et d’une perte d’autonomie dont il est difficile de se relever.

Les manifestations varient : étourdissements soudains, sensation de tangage, trouble de la vision, voire la sensation que tout tourne autour de soi. Mais le problème ne se limite pas à ces symptômes physiques. Rapidement, la peur s’installe, la crainte de tomber devient omniprésente. Beaucoup réduisent alors leurs déplacements, renoncent à voir du monde, et l’isolement s’installe, avec son lot d’anxiété et parfois de dépression.

Ce cercle vicieux se referme vite. Une chute peut entraîner une hospitalisation, dont les conséquences pèsent lourd, aussi bien sur le corps que sur le moral. Il est donc indispensable de rester attentif aux premiers signaux : démarche hésitante, besoin de s’agripper aux meubles, difficulté dans les escaliers. Ce n’est pas tant le vertige isolé qui doit inquiéter, mais la répétition des troubles de l’équilibre. La prise en charge s’organise alors sur plusieurs fronts, avec l’objectif de briser cette spirale et de permettre le maintien à domicile dans de bonnes conditions.

Pourquoi la perte d’équilibre survient-elle avec l’âge ?

L’équilibre repose sur un dialogue subtil entre l’oreille interne, les yeux, les muscles et le cerveau. Avec le temps, l’un ou plusieurs de ces éléments perdent en efficacité. Lorsque l’oreille interne, centre du système vestibulaire, faiblit, un simple changement de position ou un mouvement de tête peut suffire à déclencher un vertige positionnel paroxystique bénin (VPPB) : des crises brèves, intenses, souvent au lever du lit.

Il existe aussi des troubles plus insidieux, comme la maladie de Ménière, qui provoque des vertiges prolongés, accompagnés de troubles auditifs et parfois d’acouphènes. Parfois, une infection de l’oreille interne, telle qu’une névrite vestibulaire, perturbe radicalement la stabilité.

L’équilibre ne dépend cependant pas que de l’oreille interne. Une baisse de la vision déstabilise la marche, surtout dans un environnement inconnu. La force musculaire s’amenuise, les réflexes ralentissent, et certaines maladies comme Parkinson ou Alzheimer compliquent la coordination. S’ajoutent souvent d’autres éléments qui aggravent la situation : fatigue, déshydratation, utilisation de plusieurs médicaments, chute de tension en se levant ou troubles cardiaques.

Voici les principales causes qui peuvent se combiner :

  • Déficit vestibulaire (oreille interne)
  • Dégradation musculaire ou faiblesse des muscles
  • Altération de la vision
  • Problèmes cardiovasculaires ou liés aux traitements médicamenteux

Déterminer l’origine exacte d’une perte d’équilibre chez une personne âgée demande donc une analyse attentive, souvent menée par plusieurs spécialistes travaillant ensemble.

Solutions adaptées : traitements, exercices et gestes du quotidien pour limiter les vertiges

Pour lutter contre les vertiges positionnels ou réentraîner l’équilibre, la rééducation vestibulaire assurée par un kinésithérapeute spécialisé fait souvent la différence. Grâce à des exercices ciblés et des manœuvres adaptées, le système vestibulaire apprend à mieux réagir. Quand une faiblesse musculaire ou un syndrome post-chute persiste, des programmes de renforcement musculaire et de marche sont proposés. Des activités douces, comme le tai-chi ou l’aquagym, aident aussi à retrouver confiance en ses appuis et en ses mouvements.

L’adaptation du logement joue un rôle de premier plan pour éviter les accidents. Installer des barres d’appui dans la salle de bains, choisir des chaussures qui ne glissent pas, sécuriser les endroits à risque, tout cela limite efficacement les chutes au quotidien. Dans certains cas, une canne ou un déambulateur devient un allié précieux lors des déplacements. Pour ceux qui vivent seuls, la téléassistance ou un détecteur de chute connecté permet d’alerter rapidement un proche ou un centre dédié en cas de problème.

La prévention passe aussi par l’assiette et l’hydratation. Une alimentation qui fait la part belle au calcium et à la vitamine D, accompagnée d’une bonne hydratation, contribue à maintenir la force musculaire et la solidité osseuse. Un ajustement des médicaments, sous contrôle médical, s’avère parfois nécessaire, en particulier si plusieurs traitements ou une chute de tension sont en cause. Enfin, pour les personnes seules, l’aide à domicile, via des structures comme Adiam ou Filien ADMR, offre un accompagnement quotidien, réduisant l’isolement et les effets psychologiques néfastes des troubles de l’équilibre.

Homme agee montant prudemment un escalier moderne

Quand et pourquoi consulter un professionnel de santé en cas de vertige ?

Dès qu’un vertige apparaît chez une personne âgée, il est vivement conseillé de consulter sans délai. Certains signaux ne trompent pas : survenue brutale, persistance, association à des troubles de la vision, une faiblesse musculaire, des difficultés à parler ou la répétition des chutes. Si la moindre suspicion d’accident vasculaire cérébral (AVC) existe, il faut agir en urgence.

Un rendez-vous médical est également requis si le vertige s’accompagne de nausées, de vomissements, d’une perte d’équilibre inexpliquée ou d’une aggravation d’un trouble ancien. Le médecin traitant réalisera les premiers examens et orientera, si besoin, vers un ORL pour un bilan otoneurologique, un gériatre en cas de fragilité globale, voire un neurologue ou un cardiologue si une origine vasculaire ou nerveuse est envisagée.

Si les troubles de la vision sont en cause, un ophtalmologiste pourra intervenir. Passer en revue l’ensemble des médicaments pris au quotidien avec le médecin est une étape incontournable, certains traitements pouvant provoquer ou aggraver les étourdissements.

Un vrai travail d’équipe, réunissant plusieurs professionnels, permet de comprendre l’imbrication des causes possibles et de bâtir une stratégie adaptée à chaque situation. C’est la meilleure façon de limiter les chutes, d’éviter la fracture, l’hospitalisation, et de préserver ce que chacun recherche : une vie libre, debout, le plus longtemps possible.