Des femmes ont généreusement accepté de nous raconter l’un de leur souvenir d’allaitement. Expérience positive, début difficile, anecdote cocasse, remarque désobligeante… des témoignages livrés sans tabou.
Mes plus beaux souvenirs d’allaitement sont les boires de nuit tandis que tout dormait autour de nous. Le seul bruit était celui de sa bouche qui tétait goulûment. J’avais alors l’impression de littéralement lui donner la vie.
Geneviève
La bouche de mon bébé contre mon sein, mon bébé abandonné dans mes bras, la chaleur de sa peau, son regard qui s'accroche au mien, ma main qui supporte sa tête avec tendresse, il s'endort contre moi, repu... Tant de moments sensuels, tant de moments de tendresse, de complicité et d'amour, tant de moments de plaisir... de bonheur... de pur bonheur...
Marie-Josée
Je revois encore l'infirmière qui, cinq minutes après que j’ai accouché, me tordait le sein pour stimuler ma première montée de lait! Je venais de pousser pendant quatre heures! Mon fils était fatigué et dormait d'un sommeil profond. Après quelques instants, elle a capitulé et on a remis la première tétée! Par la suite, ce petit chou buvait comme un roi. Sans cours particulier! Il faut se faire confiance et se donner du temps et un environnement agréable... surtout pour le premier. Ensuite, ça coule de source!
Isabelle
Les professionnels de la santé recommandent que les bébés soient nourris uniquement de lait maternel pendant les six premiers mois de leur vie.
L'allaitement fut pour moi l'occasion de rester en contact avec mes filles, de m'assurer de ne pas être envahie par le tourbillon des tâches quotidiennes de la maison. D'avoir cette magnifique excuse «désolée je ne peux pas ...la petite doit boire!»
Annie
Je me souviens de ma petite chérie, toute repue de bon lait, qui s'endormait sur moi. Les minutes s'écoulaient alors lentement, comme si le temps s'arrêtait pour nous laisser profiter de ce cocon sécurisant. On pouvait ainsi rester collées douillettement l'une sur l'autre pendant des heures. Je la regardais dormir, si menue, si dépendante, si confiante. J'écoutais ses soupirs, je guettais ses sourires et me grisais de sa chaleur. Ces moments de sérénité étaient comme un phare dans la tempête et me faisaient oublier mes nuits dorénavant inexistantes, mes journées éprouvantes, mes humeurs imprévisibles et le petit appétit vorace qui me réclamait toutes les 2 ½ heures! Pendant ces pauses-tendresse, elle se réveillait parfois, juste le temps de téter un peu avant de se rendormir tout aussi paisiblement. Je lui servais de suce, me disait le pédiatre. Ah oui? Alors le bonheur, c'est d'être une suce...
Isabelle
Le bébé nourri au sein n’a besoin d’aucun supplément, sauf la vitamine D.
Ma sœur commençait à fréquenter un garçon, nous nous connaissions à peine et, un jour où il était en visite chez moi, il a eu une petite surprise… Il s’était approché de moi pour me saluer, et c’est alors que mon petit coquin que j’allaitais s’est arrêté de boire tout d’un coup et mon nouveau beau-frère s’est fait arroser par mon sein qui faisait jaillir le lait à un mètre! Cinq ans plus tard, il m’en parle encore!
Catherine
Je retiens surtout le sentiment de symbiose totale avec mon bébé. Sa peau contre la mienne, sa chaleur, ses petites mains, avoir le loisir de le regarder longuement et les soupirs de bien-être qu’il émettait. Le bonheur le plus complet à un point tel que le cœur aurait pu exploser. Tous les inconforts valaient ce grand bonheur que m’a procuré l’allaitement.
Caroline
Principale raison pour avoir cessé d’allaiter
| % |
Réponse |
| 23% |
Pas assez de lait maternel |
| 17% |
L'enfant s'est sevré lui-même |
| 14% |
Retour au travail ou aux études |
| 12% |
Mère incommodée ou fatiguée |
| 11% |
Prévu d'arrêter à ce moment-là |
| 9% |
Difficulté avec l'allaitement |
| 8% |
État de santé de la mère ou du bébé |
| 2% |
Avis du médecin |
| 1% |
Le lait maternisé est tout aussi bon pour la santé |
Source : Statistique Canada, mars 2005
Je tape sur l’épaule de mon chum la nuit, il se lève comme un zombie m’apporte bébé et se recouche à côté de moi. Je nourris bébé dans mon lit d’un côté, rot, puis l’autre sein. Je retape sur l’épaule de mon chum qui se relève, tel un robot, reprends, le ti-amour et le remets dans son berceau dans notre chambre. Pas de changement de couche la nuit, conseil d’une «coach» d’allaitement, les couches sont assez absorbantes pour les pipis.
Brigitte
J'ai allaité mon premier pendant plus de 2 ans, suffisamment longtemps pour lui demander s'il était prêt à arrêter et lui expliquer que le bébé que j'avais dans le ventre aurait besoin du lait bientôt afin qu'il se fasse à l'idée. Cela faisait presque un an qu’il ne voulait plus qu'un seul sein, toujours le même. Ma production ne devait plus être forte. Au sixième mois de grossesse, alors que je devais commencer à produire du colostrum, il a pris le sein et m'a dit: «Maman, le camion a oublié de venir remplir ton sein, il est presque vide.» Hourra pour le sevrage naturel et en douceur!
Clotilde
J’ai mis du temps à comprendre que l'allaitement, c'est une question de confiance en soi et en son bébé. Depuis, je n'ai jamais été aussi confiante en mon allaitement et aussi fière d'avoir persévéré et d’avoir fait fi des commentaires de tous et chacun! Mon bébé aura bientôt huit mois et je l'allaite encore avec tout l'amour du monde!
Manon
Mon fils m’a mordue, une seule fois. Il avait un an. J’ai tellement eu mal que j’ai crié et il a eu si peur qu’il a arrêté de boire tout net et n’a plus jamais voulu reprendre le sein. Un sevrage assez drastique merci alors que je l’allaitais encore à temps plein. J’en ai pleuré la nuit à essayer de m’extraire du lait et à me faire des compresses tellement j’avais mal.
Brigitte
L’allaitement protège l’enfant et la femme contre plusieurs maladies.
Je trouve que l’allaitement ça nous rapproche de notre bébé. On se sent liée, privilégiée d'être la seule à pouvoir nourrir son petit trésor. Je n'oublierai jamais le sentiment que j'ai eu la première fois que j'ai allaitée ma petite pouponne, c'est difficile à expliquer, c'était comme un sentiment de bonheur et d'amour total, j'avais chaud au cœur.
Lyne
Les gerçures sont l’un de mes douloureux souvenirs d’allaitement... J'allaitais trop longtemps (45 min par sein pour un total de 1h30 par fois), mais personne ne me l'avait dit à l'hôpital. En fait, on me l'a dit après deux jours, mais le mal était déjà fait. Quand je voyais la tétée arriver, j'en pleurais... Outch! Ça a duré quinze jours et vive le Purelan (crème anti-gerçures)!
Petitpet
Je ne me souviens plus d'avoir pris la décision d'allaiter. J'ai vu ma soeur faire et c'était instinctif, j'allais allaiter mes enfants aussi. Ce n'est pas que ce fut une expérience facile... bébé qui ne tète pas (mais qui dors) , montée de lait (et ça pisse partout), chandail tout mouillé, tire-lait (mon Dieu qu'on a l'air de vaches laitières...), même une mastite... tout plein d'obstacles... je me suis déjà même fait dire d'aller faire "ça" ailleurs! mais malgré tout, lorsque je regarde ma fille boire, qu'elle me sourit et qu'elle retourne à son mamelon, qu'elle me caresse en buvant ou qu'elle s'endort sur moi, nous faisons qu'un! Quelle sensation merveilleuse de savoir que nous lui donnons le meilleur de nous-mêmes. À ma première fille, un jour mon chum m'a dit: "tout ce que tu vois là (en montrant ma fille de 3 mois) c'est toi qui l'a fait.... c'est merveilleux!&q